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Un projet réalisé de manière artisanale

  • 26 févr.
  • 3 min de lecture

À l’heure où tout s’accélère, où les contenus se standardisent et se consomment à la chaîne, j’ai le grand privilège de pouvoir réaliser des projets de cœur, avec attention et humanité.


Il existe encore, heureusement, des projets qui se font lentement, artisanalement, avec une attention portée à chaque détail. Les biographies sonores que je réalise font partie de ceux-là.

Chaque histoire que l’on me confie est unique. C’est une vie, ou une partie de vie, que l’on accepte de déposer dans mes mains pour la transmettre à celles et ceux qu’on aime. Je mesure chaque fois la responsabilité et la beauté de ce geste.

Dès le début du projet, la personne qui va témoigner remplit une fiche préparatoire. Elle me permet d’entrer délicatement dans son univers : des souvenirs d’enfance, des événements marquants, des tournants de vie, parfois des joies, parfois des épreuves.

Grâce à ces éléments, je prépare l’entretien enregistré avec soin. Mes questions ne sont jamais figées : elles s’adaptent à la trajectoire de la personne, à ce qui fait la singularité de son parcours. Mon rôle est d’ouvrir des portes, de créer un espace de confiance où la parole peut se déployer librement.


Faire émerger des souvenirs précieux

Je pense à Claudine, que j’ai enregistrée récemment. Elle a grandi dans l’entreprise familiale d’horticulture. Ses souvenirs sont imprégnés de l'odeur de la terre et de variétés de plantes et de fleurs. Elle raconte ses jeux d’enfant dans la serre de son papa, les mains dans la terre, et les chars de la fête des vendanges, fleuris à la main, en famille et avec les amis. Des moments simples et joyeux, profondément ancrés dans une époque.

Ces entretiens sont toujours des moments forts. Pour la personne qui se confie, qui revit des épisodes parfois oubliés, qui sourit, qui s’émeut. Et pour moi aussi, car accompagner ce récit, le valoriser, lui donner toute sa place, est un privilège immense.


La parole donne chair aux photos

À la fin de notre premier entretien, Claudine se souvient de scènes qui lui reviennent. Son papa au piano et sa maman qui chante. Il y a des choses qu’elle veut absolument dire et qu'elle note sur un calepin. Lors du deuxième rendez-vous, elle me montre ses albums photos : la grande serre, les chars fleuris, sa photo de jeune mariée aux côtés de celui qui est son époux et son pilier aujourd'hui encore.

Ces images viennent enrichir le projet, mais c’est la voix qui lui donne sa dimension la plus tangible. Les mots, les silences, les émotions racontent autrement, plus intimement. La parole complète l’image et lui donne chair.

 

La musique, un fil invisible

Une autre étape essentielle du projet est l’habillage sonore. Je demande toujours aux personnes de me partager leurs préférences musicales : des chansons liées à des moments forts de leur vie, des musiques qui les accompagnent depuis longtemps.

Claudine a pris cette demande très à cœur. Elle a ressorti tous ses CD pour noter précisément les titres qu’elle souhaitait intégrer à sa biographie sonore. Par exemple des musiques roumaines, qui lui rappellent son voyage de noces et le lien profond qu’elle a tissé avec ce pays.

La musique devient alors un fil invisible, une autre façon de transmettre l’émotion.

Chaque titre est intégré avec soin dans le récit. Et la biographie sonore prend la forme d’un podcast familial, composé d’épisodes, de voix, de musiques, de silences remplis de vie.

 

L'artisanat, presque un acte de résistance

Dans ce projet, tout est fait artisanalement, jusqu’au bout. Les épisodes sont copiés un à un sur une clé USB. J’y ajoute également quelques photos de l’entretien, car ces moments méritent aussi d’être gardés en images. Il y aussi la possibilité de vivre une expérience complète avec un reportage photo réalisé par un photographe professionnel.

Lorsque c’est possible, je remets moi-même les clés USB en mains propres : une jolie boîte, qui contient un trésor. Ce geste compte énormément pour moi. Il prolonge la dimension humaine du projet jusqu’à la dernière étape.

Pour Claudine, ces souvenirs prennent une nouvelle vie : ils vont être transmis à ses deux enfants et à son petit-fils. Savoir que cette histoire va rester, se transmettre, se réécouter dans quelques années… c’est ce qui donne tout son sens à mon travail.

À une époque où tout va vite, choisir l’artisanat, l’écoute et la lenteur est presque un acte de résistance.

La bande-son d'une vie : toutes les préférences musicales de Claudine, qui a soigneusement noté les titres qu'elle souhaite voir figurer dans sa biographie sonore.

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