top of page
Rechercher

Au cimetière des Sanguinaires, que reste-t-il de nos histoires ?

il y a 34 minutes
3 min de lecture

Pendant mon voyage en Corse, je suis allée au cimetière des Sanguinaires, à Ajaccio. Un lieu chargé d'histoire(s) , qui ressemble à un petit village de chapelles face à la mer. Que reste-t-il des histoires de celles et ceux qui reposent dans ce lieu de mémoires enfouies ?


Un cimetière marin avec vue sur la mer, avec notamment la dernière demeure du chanteur Tino Rossi : c'est le très beau cimetière des Sanguinaires à Ajaccio. Un lieu hors du temps, avec des lignées de caveaux familiaux.

Ici, plusieurs générations reposent dans le même caveau. Un édifice qui porte le nom d’une famille, souvent celui du chef de clan, comme si l’identité familiale comptait davantage que les histoires individuelles. Pourtant, sur les pierres, les prénoms de chacun sont bien là.

Un nom. Une date de naissance. Une date de décès.

Et entre les deux, toute une vie. Trente ans, cinquante ans, quatre-vingts ans ou davantage. Des milliers de jours. Des rencontres, des joies, des chagrins, des épreuves, des départs, des retrouvailles, des histoires d’amour, des enfants, des rêves peut-être aussi.

Tout ce qui fait une vie et qui ne tient pourtant, au final, qu’en quelques chiffres gravés dans la pierre.

Je me suis demandée ce qu’étaient devenues toutes ces histoires. Certaines ont sans doute été racontées aux enfants et aux petits-enfants, transmises au fil des générations. D’autres se sont peut-être perdues avec ceux qui les portaient. Des bribes d'histoires sont restées grâce à quelques photographies, des cartes postales, des objets, des papiers soigneusement conservés dans une boîte ou au fond d’une armoire.

Et puis il y a les histoires dont personne ne connaît plus les détails. Les secrets. Les blessures. Les petits bonheurs. Les choix qui ont changé une vie. Les rencontres dont on ne saura jamais rien.


Qu'avez-vous vécu ?

En regardant ces chapelles familiales aux portes closes, j’ai pensé à tout ce qui peut disparaître avec une personne. Pas seulement les grands événements, mais aussi les petites choses qui racontent véritablement une existence : une expression, une anecdote, une façon de rire, le souvenir d’une maison, une odeur, une chanson, une rencontre que l’on n’a jamais oubliée.

J’aurais aimé pouvoir donner la parole à Félicie, à Achille et à tous les autres pour qu'ils me racontent leur histoire. J’aurais aimé leur demander : qui étiez-vous ? Qu’avez-vous vécu ? Qu’est-ce qui vous a rendu heureux ? Qu’est-ce qui vous a fait souffrir ? De quoi êtes-vous fier ? Qu’auriez-vous aimé transmettre à ceux qui allaient venir après vous ?

Je me suis alors demandé pourquoi nos vies finissent le plus souvent par se résumer à un nom et deux dates gravés dans la pierre.

Bien sûr, il reste l’essentiel : les souvenirs dans le cœur de ceux qui nous ont aimés. Et puis les objets, les maisons, les photographies, les écrits… toutes ces traces que l’on se transmet parfois sans même en connaître toute l’histoire.


Un podcast pour donner vie aux mémoires

J’ai aussi découvert avec bonheur qu’un podcast, Ajaccio, Histoires secrètes, redonne vie aux mémoires enfouies dans ce lieu. Une autre manière de faire parler les pierres et de rappeler que derrière chaque nom se cache une personne, avec son histoire singulière.

Parce que se souvenir, ce n’est pas seulement conserver un nom. C’est aussi essayer de garder quelque chose de la personne qui se trouvait derrière.

Ma promenade au cimetière des Sanguinaires m’a une nouvelle fois interrogée sur la trace que nous laissons derrière nous.

Et sur celles que nous avons peut-être encore le temps de créer.

Et vous, qu’aimeriez-vous que l’on retienne de votre histoire ?


Le cimetière des Sanguinaires à Ajaccio : un lieu hors du temps qui nous renvoie à notre propre histoire.

 
 
 

Commentaires


© 2026 UVUH. Créé par Taylor Hofmann

bottom of page